L’AGRICULTURE BIO EN FRANCE, ENTRE PROGRÈS ET CONSOLIDATION

quoi-de-neuf-marchés-bio-paris

L’Agence bio a révélé ce vendredi les tendances du secteur bio en France. Les chiffres sont toujours à la hausse même si de nouveaux enjeux apparaissent.

Après une année de tous les records en 2018, le secteur de la bio poursuit sur une tendance dynamique en 2019. L’Agence Bio, chargée du développement et la promotion de l’agriculture biologique en France, estime que l’Hexagone a dépassé au premier semestre le chiffre symbolique des 6,5 % de surfaces agricoles utiles cultivées en bio. Entre janvier et juin 2019, on a ainsi gagné 15 % de surface bio en plus. Et 2965 producteurs ont rejoint le monde de la bio (9,2 % de plus par rapport à fin 2018). Les exploitations bio représentent désormais 8 % des fermes françaises.

 

Toute la France passe au bio

Toujours en tête, le Sud et l’Ouest de la France sont les régions où l’agriculture bio est la plus développée. L’Occitanie, qui a gagné 8% de producteurs engagés au premier semestre 2017, caracole loin devant avec 7843 exploitants bio. Les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine suivent avec respectivement 5200 et 5157 producteurs engagés (+ 8% et 9%). « Certains départements, comme la Drôme et le Gers, comptent plus de 1000 exploitants bio chacun », souligne Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio.

Mais ce qu’il faut noter, « c’est la dynamique qui s’est instaurée dans des départements où l’agriculture bio n’est pas encore très développées. Je pense notamment aux départements des Hauts-de-France, mais aussi à l’Ile-de-France et au Grand Est », ajoute-t-il. Autant de tendances à suivre de près dans les semestres à venir.

 

La filière en aval

« Spectaculaire », c’est le terme employé par le directeur de l’Agence Bio pour décrire la hausse du nombre d’entreprise dans les secteurs de la transformation et de la distribution de l’agriculture biologique. En 6 mois, on compte 934 nouveaux transformateurs. Parmi les nouveaux entrants, 23 % sont des boulangers et 18% des industries agro-alimentaires.

Côté distribution, la croissance est de 11% en 2020 : « la tendance, c’est plus d’un nouveau magasin tous les deux jours, pointe Florent Guhl. C’est presque deux fois plus rapide que l’an dernier ! ». 2020 voit donc se développer et se renforcer les filières de transformation et de distribution, une bonne nouvelle pour répondre à la demande.

 

Une offre à consolider

La consommation bio est une goutte d’eau dans le panier français : « le bio ne représente que 4% de l’alimentation des Français », tempère Florent Guhl. Cependant, comme l’avait révélé l’Agence Bio dans son enquête de janvier 2020, les Français sont de plus en plus sensibles au bio et 82 % d’entre eux estiment qu’il est important de développer l’agriculture bio. A titre personnel, ils mangent bio pour des questions de santé (66%), d’environnement (58 %) et de qualité/goût (56 %).

C’est pourquoi, malgré les chiffres positifs qui s’enchaînent depuis des années, l’Agence Bio s’inquiète déjà des évolutions à venir. « Les ventes sont en partie freinées par des pénuries, explique le  directeur de l’Agence Bio, notamment pour le lait, certains fruits et légumes, les viandes et œufs, et le vin ». 

Les conditions climatiques difficiles ont ainsi pénalisé la filière lait bio : bien que comptant plus d’exploitants bio que l’an dernier, la production laitière n’a pas augmenté au premier semestre 2017. Cela s’explique par la sécheresse du printemps, qui a eu un impact sur l’alimentation des vaches laitières, les rendant moins productives.

De même, le gel tardif du printemps a eu de sérieuses répercussions sur les vignobles, compromettant la récolte de l’automne et donc l’offre de vin bio pour 2018. « Soyons clairs, la météo a aussi impacté les exploitants et vignerons conventionnels, précise Florent Guhl. Mais dans le cas du bio, comme les productions sont moins importantes, cela risque de mener à des pénuries en magasin ».

En somme, même si le but n’est pas de faire battre des records pour le plaisir, « les chiffres auraient vocation à être plus importants si l’offre suivait la demande ».

 

Aujourd’hui, 71% des produits bio consommés en France sont produits en France, et ce taux monte à 81 % si l’on exclut les produits exotiques. Tout l’enjeu de la filière bio est donc de réussir à consolider la production afin de maintenir le caractère hexagonal de l’offre bio.

Il ne s’agit pas de chauvinisme, mais d’une demande des consommateurs : pour 85% d’entre eux, “bio” et “local” vont de pair. « Ce taux augmente de façon linaire avec l’âge, remarque Florent Guhl. Ainsi, au dessus de 65 ans, c’est presque 100 % des consommateurs qui estiment que bio et local vont ensemble »

 

Il y a également une conséquence à plus long terme. Dans le cas du lait, les agriculteurs hésitent à passer au bio cette année car si les conditions météo sont meilleures au printemps prochain, la production de lait pourrait être jusqu’à 35 % supérieure à celle exceptionnelle de 2018, notamment du fait des conversions de 2017 qui seraient labellisée pour la première fois (il faut 2 ans de conversion). Il existe un risque de surproduction et donc à la baisse du prix de vente. Ce ne sont à l’heure actuelle que des suppositions, mais elles ne sont pas négligeables dans la décision d’engagement des agriculteurs pour passer au bio.

A consulter :

Agriculture biologique – productions végétales – surfaces par département sur data.gouv

Partagez !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

tempus neque. ipsum dictum sem, justo amet, quis, elit. et, odio